Promenade rafraichissante


Port de Poros, romantisme et néo-classicisme

 

Ce matin je décide de me rendre au port du Pirée à Athènes, de sauter dans un ferry et de partir en direction de Poros.

Deux heures et demie de navigation sont suffisantes pour rejoindre cette jolie petite île montagneuse située dans le Golfe Saronique. Poros n’est pas réputée pour ses jolies plages mais elle est très verdoyante et possède de belles forêts de pins et des jardins de citronniers. 

Avant d’arriver au port de Poros, un bâtiment massif laissé à l’abondon attire mon attention. Il s’agit des ruines d’une ancienne base navale russe construite en 1834. Le bâtiment servait de dépôt lorsque la Russie venait aider la Grèce pendant sa révolution contre les ottomans, au XIXe siècle mais cette base est définitivement abandonnée en 1900, cependant témouine d’un passé mouvementé elle est déclarée monument historique en 1989. 

Poros est séparé du Péloponèse et de ses belles montagnes boisées. A l’antiquité l’île était rattachée au continent et on pouvait rejoindre Galatas, la ville située sur la rive d’en face, à pied. Désormais ce sont les bateaux-taxi qui font la traversée et ils sont nombreux à attendre le long du quai. Le ccanal donne beaucoup de charme au port.

 

 

Le canal sépare Poros du Péloponnèse

Le canal sépare Poros du Péloponnèse

 

Poros est très harmonieuse avec ses constructions néo-classiques construitent en amphithéâtre autour de la colline et la Tour de l’horloge située à son sommet: une belle tour blanche avec son toit bleu ciel. Habituellement ce sont plutôt des églises qui dominent les îles en Grèce, je suis curieuse d’aller voir cette tour alors j’envisage d’aller me promener dans cette direction sans plus attendre.

 

Port de Poros

Port de Poros

Port de Poros

 

Mon ascension pour rejoindre la Tour de l’horloge commence depuis le port, parcours ponctué par une succession d’escaliers, de placettes et de ruelles qui serpentent entre des maisons construites très serrées les unes contres les autres. Certaines sont bâties à même la roche recouvertent par la végétation. La plupart des façades ont des teintes pastel dont les tons jaune et rose. Les volets sont peint de couleur vive et les toits sont rouge brique. Rien à dire, nous sommes sur une île des Saroniques, bien loin des maisons cubiques blanche traditionnelles que l’on voit dans les Cyclades ! Beaucoup de bâtiments sont de style néo-classique et possèdent de jolis balcons d’époque.

Je rejoins rapidement au sommet de la colline, la Tour de l’Horloge est vraiment proche du port. La ville ancienne n’est pas très grande, alors je prend le temps de m’arrêter à plusieurs reprises et de me perdre dans des ruelles qui aboutissent sur des impasses. 

Au sommet c’est une vue incroyable qui s’offre à moi depuis la placette d’une église ancienne. C’est une vague de toits rouge brique qui dévale harmonieusement la colline d’en face. La ville de Poros est loin d’être aussi petite que je le pensais.

 

Poros

Poros

Poros

Poros

 

 

La tour de l’horloge

 

Poros, la tour de l'horloge

 

La tour de l’horloge est très belle avec son clocher bleu ciel. Elle marque les heures depuis sa construction en 1927. Restaurée en 2002 sa façade est d’un blanc immaculé. Sa porte est entre-ouverte mais fermée par un panneau de plexiglas alors il n’est pas possible de pénétrer à l’intérieur. Le mécanisme de l’horloge est visible mais protégé. De ce côté-ci la vue sur l’entrée du port et sur les montagnes du Péloponèse est magnifié par une lumière chatoyante et je me perds quelques minutes dans la contemplation des bateaux qui traversent le canal.

Poros

Poros

 

De retour sur le port de Poros, j’entame une promenade le long du quai, plutôt étonnée par le nombre de voiliers qui y sont amarrés. Je ne pensais pas qu’il y aurait autant de bateaux en hiver. Les gens habitent à bord et profitent tranquillement de leur hiver sous le soleil de Poros.

Tout le long de la rive se succèdent cafés, tavernes, pharmacies, mini-markets : la ville est plutôt bien fournis en commerces. Je me pose tranquillement sur un banc en buvant un café tout en observant la scène d’un bateau de pêcheurs qui accoste. Les pêcheurs nettoient le poisson frais. Il est encore frétillant. Pêché le matin même et vendu en direct dans la matinée. Les nombreux chats forment un groupe soudé sur le quai et attendent de repartir avec leur morceau de poisson frais, en même temps une foule de mouettes tourne autour du bateau en espérant repartir avec un morceau de « viande ».

Port de Poros

Port de Poros

Port de Poros

Poros

 

Le bourtzi

Je choisis de continuer ma promenade en direction de la route principale et j’aperçois au loin un îlot avec un château. Intéressant ! Si c’était l’époque de se baigner j’aurais très certainement essayé de tenter la traversée à la nage ! (et peut-être me noyer en route !)

 

Poros

Au loin le Bourtzi qui protégeait l’entrée du port de Poros

 

C’est sur cet îlot qu’à été construit, en 640, le kastro d’Agios Konstantinos et son église. Situé à l’entrée du canal il assurait la protection du port de Poros mais fût quasiment détruit pendant la guerre d’indépendance Grecque. Le château fût reconstruit en 1827, mais pas l’église dont les pierres ont servi à la reconstruction du château. Arf ! quel regret de ne pas pouvoir m’approcher plus de cet endroit qui doit être intéressant à visiter. Peut-être une autre fois ! et peut-être en été 😉

À l’ouest de l’île je distingue une colonne de fumée qui monte vers le ciel et poussée par ma curiosité je pars finalement dans cette direction.

En fait c’est simplement le résultat d’un homme qui nettoie son jardin mais cela m’aura permis de partir à la découverte d’un côté autre de Poros.

 

Poros

 

Une grosse maison rose sur ma droite attire mon attention, elle a quelque chose de particulier avec ces grands escaliers. Il s’agit de la Villa Galieni, une ancienne pension de vacances désormais privée, qui logea le poète Georges Seferis (lauréat du prix Nobel de littérature en 1963). Dans cette direction je peux rejoindre et visiter les ruines russes aperçues à l’arrivée mais elles sont trop loin. Je suis simplement venue passer une journée sur Poros et le ciel s’est couvert… le temps passe et il faut déjà que je pense à reprendre le ferry pour Athènes.

 

Pour finir avec l’île de Poros, voici une citation de Georges Seferis qui écrit en 1946 depuis la Villa Galieni :

« La mer, le lever du soleil, la lumière… Elle a quelque chose de Venise : le canal, une communication entre les maisons et les bateaux, le faste, la nonchalance, la tentation sensuelle, quelque chose d’esthétique, un lieu pour les amants du monde, qui produit de la magie. Il y quelque chose de l’espace clos ici, avec la lune haut dans le ciel et toute la journée, l’écho de la musique des cuivres provenant de l’école navale. La nuit dernière, allant me coucher, je suis resté un moment sur le balcon de ma chambre, fasciné par la courbe des montagnes en face… »

 

Poros, La Villa Galieni

 
 
C’était une agréable promenade d’hiver dans un paysage insulaire. Je me promets de revenir au printemps et de prendre plus de temps pour visiter le reste de l’île.
 
Pour plus de renseignements consultez le site internet → ville.co 

 

 

Poros est une petite île de 49,5km² située dans le Golfe Saronique

 

Pour rejoindre l’île à partir de l’aéroport d’Athènes : prenez le bus x96 qui vous dépose au port du Pirée. Prévoyez entre entre  1 heure et 2 heures 30mn de traversée en fonction du bateau. Les compagnies maritimes qui assurent les liaisons sont la Hellenic Seaways et la Saronic ferries.