La Chora et son ancien kastro


Kimolos la paisible possède peu d’infrastructures

 

Juin 2016

C’est le printemps ! une époque parfaite pour profiter des îles avant l’arrivée de la chaleur qui peut facilement atteindre les 40°C. Je suis logée sur Milos et aujourd’hui j’ai prévue de prendre un bateau pour visiter Kimolos, une préservée et hors du temps. Jusqu’en 1821 on l’appelait Arzantiera. Anciennement rattachée à Milos l’île est volcanique et possède de nombreuses grottes naturelles dans une roche très blanche. L’eau est turquoise, limpide, tentante.  Kimolos possède peu d’infrastructures et promet d’être vraiment paisible à cette période de l’année. Pas d’hôtel, quelques maisons en Rbnb, un ou deux camping. Peu d’info sur internet. Elle est habitée par à peine 400 personnes en hiver, le double en été.

 

Kimolos

 

Kimolos

 

Les maisons possèdent des garages troglodythes

 

En arrivant à proximité de l’île de Kimolos c’est un trou béant dans la montagne qui attire mon attention, des machines sont-elle en train de la creuser ? Et oui c’est bien le cas. Réputée pour le commerce de sa craie (Kimolia) elle est grignotée petit à petit et de ce fait les mines emploient beaucoup d’habitants. J’éprouve une émotion bizarre mais j’oublie un moment cette sensation désagréable lorsque nous approchons du petit port de Psathi. L’île est très rocheuse, les bâtiments peu nombreux ont été construit en bord de mer. Tout comme sur Milos les maisons possèdent des garages troglodythes pour abriter les petits bateaux de pêcheurs. Mais contrairement à Milos les portes et volets sont tout en dégradé de bleu. Quelques personnes paisiblement installées sur les rochers en face des logements se baignent dans une eau particulièrement limpide. Je suis émue par cette image de carte postale, paisible et harmonieuse.

 

Kimolos

 

Le bateau manoeuvre rapidement et nous voilà, quelques badaux et moi, débarqués sur le quai du petit port aux infrastructures récentes. Il n’y a quasiment personne. Un café tout neuf est situé à proximité des rochers, une église le surplombe. Le reste de l’équipage avec lequel je suis arrivé décide d’entamer la route en tong. Comme il fait chaud je préfère m’arrêter à l’ombre de cette terrasse pour prendre un cappuccino freddo. Le serveur m’accueille chaleureusement et m’offre une pâtisserie, je me dit que pas de doutes ils savent recevoir. A côté de moi des hommes attablés parlent très forts, à plusieurs reprises le nom de Tsipras revient dans la conversation et je suppose que les avis divergent.

L’ancien village est médiéval, le Horio (ou Hora) est situé à 15 mn à pied mais je crains le soleil qui est déjà bien haut dans le ciel alors je préfère contacter un taxi. A priori il y en à un ou deux seulement. Je compose le numéro indiqué sur la porte d’entrée du café et s’ensuit alors une discussion téléphonique épique. La dame qui me répond ne parle pas l’anglais et je ne parle pas grec mais arrivé au terme d’une situation plutôt comique nous finissons par nous comprendre et quelques 20 minutes après ma chauffeur me récupère devant le café.

 

Kimolos

 

Kimolos

 

 

La route est quand même bien dénivelée alors je me dit que j’ai bien fait d’opter pour un taxi. Nous traversons un village avec des maisons blanches cubique qui doivent dater des années 50 avant d’arriver à l’entrée du Horio. La voiture se gare sur le seul emplacement réservé aux taxi devant l’enceinte de la vieille ville, je souris de voir cette unique place. Comme 2 heures devraient suffire pour la visite ma chauffeur prévoit de m’attendre patiemment dans le café qui nous fait face.

 

L’ancien village est médiéval

 

L’entrée du village est située à l’intérieur d’une première ligne de ramparts. Les ruelles serpentent entre des bâtiments de pierres et de hautes maisons blanches peintes à la chaux. Certains murs ne sont plus que des murets, plutôt en ruine. Le « neuf » côtoie hormonieusement l’ancien. Quand je parle de neuf il faut surtout s’imaginer un coup de blanc de chaux sur la pierre.  Un âne patiente tranquillement à l’ombre, il y a peu de monde dans le village. L’ambiance est très très calme.

 

Kimolos

 

Kimolos

Kimolos

 

 

Kimolos

Kimolos

 

 

Je bifurque lorsque j’aperçois un panneau qui indique la porte du chateau, l’entrée est très belle. Certains murs sont encore en assez bon état mais la plupart sont en ruines. Quelques habitants vivent à l’intérieur des anciens bâtiments qu’ils ont réhabilités en logement de fortune comme cette habitation située sous les arches.

Sur mon chemin je croise un vieux monsieur qui m’interpelle et me répond « mais nous y sommes !  » lorsque je lui demande où se situe le kastro. J’ai eu du mal à comprendre que je me promenais dans le coeur du chateau. Comme beaucoup d’ancien il parle quelques mots de français et il est tout fier de me dire qu’il habite ici, dans ces vieilles pierres. Je regrette de ne pas oser lui demander de visiter sa maison car je suis curieuse mais comme ça à l’air plutôt vétuste je suis gênée.  Je prend quand même une photo de l’extérieur, tellement pittoresque, j’adore. Je continue ma promenade en suivant les remparts. Les églises immaculée sont elles en très bon état, plutôt incroyable quand on sait que la plupart datent du 16ème siècle.

 

Kimolos

Kimolos

 

 

Au terme de ma visite je ressors par la deuxième porte du kastro dans la ruelle où se trouvent cafés, superette et le magasin de Xanthi Goulimi une artiste peintre qui expose ses oeuvres à l’ombre des orangers.  Son magasin se nomme « Arzantiera » de l’ancien nom de l’île. Situé à l’extérieur des remparts l’endroit a été rénové avec beaucoup de goût. Il est possible d’apercevoir des traces de l’histoire du chateau : un boulet de canon dans un mur, une attache pour les chevaux dans un autre. Les peintures et sculptures exposées sont très belles, cette artiste utilise toutes sortes de supports naturels, comme le bois flotté, pour travailler. Je suis sous le charme mais c’est un peu cher pour moi et j’ai peu de budget. En tout les cas ce n’est pas un magasin de souvenirs comme les autres et je serais bien resté à discuter avec elle plus longuement mais prise par le temps je reprend ma promenade à travers les ruelles. Je croise à peine 4 personnes pendant cette balade dans la vieille ville, l’endroit est vraiment désert. Je me demande si les autres personnes de l’équipage ont réussi à grimper avec leurs tongs. A moins qu’ils se soient arrêté sur une plage pour profiter tranquillement. Je n’aurais pas le temps de flemmarder beaucoup de mon côté. Je préfère toujours visiter les villages plutôt que de rester sur une plage au soleil, il faut faire des choix !

 

 

Kimolos

Kimolos

Kimolos

 

Les deux heures passent vite et je retrouve le taxi qui me redépose au port. Comme il fait chaud et que je veux quand même me baigner un peu je bifurque sur un étroit sentier poussiéreux et j’arrive près des maisons aux garages troglodythes. Une petite heure dans une eau limpide suffit à me rafraichir, je dois bientôt prendre le bateau pour repartir en direction de Milos et mieux vaut ne pas le louper car il y a peu de liaisons à cette époque.

 

C’était une belle promenade dans l’ancien village de la paisible Kimolos. Je compte bien revenir et loger à proximité de la mer, peut-être dans un camping. A priori l’île souhaite attirer plus de touristes mais à mon avis ça ne sera jamais le lieu branché dans les Cyclades (et c’est tant mieux) trop petite, peu d’infrastructures, une chance car il n’y aura jamais de complexe hôtelier et une aubaine pour le touriste qui souhaite fuire la modernité et trouver la paix dans un endroit authentique…

 

 

 

 

 


A propos Elise

Je suis une amoureuse de la Grèce depuis une dizaine d'années. J'ai l'occasion d'aller plusieurs fois par an dans les Cyclades, Petites Cyclades et Saroniques et depuis un an je passe plus de temps sur Athènes que sur Lyon. Donc je pense que l'avenir de ce Travel blog est de de venir un Expat blog ;)

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