Montagne et Monastères


1 Avril 2017

Ce matin je me réveille tôt dans l’idée de quitter Athènes  afin de parcourir les quelques 270km qui me séparent des Métérores dans la plaine de Thessalie, à Kalambaka. Ahhh les Météores…depuis longtemps je suis attirée par ces pitons rocheux à l’aspect si caractéristique et aux monastères orthodoxes qui ont été construit à leurs sommets. Ils sont composés d’un agglomérat de galets et de sédiments car anciennement situés dans le lit d’un fleuve aujourd’hui disparu qui se jetait dans la mer de Thessalie. 

Je pourrais prendre le bus, mais je t’avoue que ça ne m’enchante pas vraiment. La location d’une voiture me parait être une meilleure idée pour d’être libre de mes mouvements une fois sur place. J’ai regardé sur booking.com pour trouver une chambre d’hôtel dans un village  situé aux pieds des Météores, à Kastraki.

 

En voiture Simone ! On part pour les Météores

 

J’emprunte la route principale à partir d’Athènes et traverse une plaine immense en partie entourée de fermes et de paysans qui labourent les champs. Autour de moi la montagne se teinte doucement de vert et de violet, résultat d’un début de printemps plutôt prometteur. Je me perds en route et parcours une centaine de kilomètres supplémentaires, tu verras que c’est un peu dans mes habitudes de me perdre. Donc au final le trajet me coûte assez cher avec 5  péages et une moyenne de 3.50€ par passage.

Arrive enfin ! le moment où se dessinent en face de moi les fameuses montagnes des Météores. Reconnaissables à leurs formes originales elles ont un côté très doux et en même temps en imposent pas mal de part leurs tailles. Elles me font penser au « Pain de Sucre » de Rio.  D’après la légende elles ont été envoyées par le ciel pour permettre aux ascètes de se retirer et prier. Je contourne la ville de Kalambaka pour arriver le plus vite possible sur le site. Le paysage environnant est magique avec tous les arbres en fleurs et les troupeaux de chèvres et de moutons qui paissent tranquillement une herbe bien verte en bordure de la route sinueuse. C’est une belle journée ! Une chance car le soleil aura eu raison des nuages qui étaient annoncés.

 

Les météores

Les météores

 

« Savez-vous comment rejoindre les monastères ? »

 

Après 15 minutes et plusieurs dizaines de virages apparait au loin un premier monastère sur son rocher. Deux femmes qui marchent au bord de la route me font signe de m’arrêter : « Savez-vous comment rejoindre les monastères ? » « Non ! mais venez avec moi on finira bien par trouver ! ». Les pauvres sont extenuées d’avoir fait le parcours à pied à partir de Kalambaka pensant que ça allait être facile. Je note dans un coin de ma tête qu’il doit forcément exister des chemins en dehors de cette route principale très empruntée. En fait j’en suis même certaine, mais peu importe, nous voilà déjà garées sur le parking du premier monastère sur lequel il y a beaucoup de bus et de voitures.

Le panorama est magnifique. Au loin on peut apercevoir la montagne encore enneigée, la vallée arborée, les autres monts et leurs monastères. Je m’apperçois qu’ils ne sont pas que trois comme je le pensais au départ mais pas loin d’une dizaine, mais tous ne sont pas ouverts aux visiteurs.

Le manque d’accessibilité en faisait un endroit idéal pour protéger l’or appartenant à l’église (et donc à l’Etat) contre les pillards. Des escaliers ont été creusés à même la roche après les années 20 pour pouvoir y accéder plus facilement. Avant cette période, un système de poulies et de contrepoids activés par les moines permettaient d’accéder aux monastères. Ils sont encore visibles et sont utilisés pour les travaux de rénovation.

 

Les Météores

Les Météores

Entrée du monastère : sur les portes l’aigle à 2 têtes emblême de l’empire byzantin

 

Jamais sans ma jupe !

 

A l’intérieur du premier bâtiment un grand panier en osier rempli de jupes-paréo est mis à disposition pour les femmes qui n’ont pas le droit de rentrer en pantalon. Je récupère ma jupe et mon ticket à 3€. Fidèle à mon habitude j’aurais préféré être seule pour profiter de ce moment de visite, mais il y a vraiment beaucoup de monde. J’accède à une place sur laquelle travaillent les ouvriers qui rénovent les lieux. Elle offre une vue panoramique de la vallée.  Un peu plus loin se trouve la chapelle, j’aimerais la visiter mais, je suis gênée de ne pas partager le culte des personnes à l’intérieur alors je renonce bêtement, tu comprendras que je suis un peu timide. Alors je tente plutôt de trouver un endroit dans lequel il n’y a personne pour prendre le temps d’admirer la vue.

 

Les météores

Les météores

Les météores

Les météores

 

Les météores

 

Les Météores

 

Une heure passe et je retrouve mes amies auto-stoppeuses qui remontent dans la voiture, nous partons en direction d’un deuxième monastère. Cette fois-ci je ne rentre pas à l’intérieur, je profite simplement du panorama offert par la montée d’escalier. Il y a trop de monde pour moi et les gens parlent très fort, je ne suis pas très à l’aise avec ce genre de situations.

 

Les météores

 

Les météores

 

 

Alors en route pour un 3e monastère ! Mes copines de route sont déroutées (c’est le cas de le dire) elles ne sont pas tranquilles car elles ont peur que je les abandonne, je sens qu’elles ne prennent pas le temps de profiter de leur visite comme elles le souhaitent parce que moi-même j’évite la foule.

En me promenant autour du monastère à pied je trouve l’entrée bucolique d’un chemin pédestre qui mène à Kalambaka, la ville dans laquelle mes nouvelles amies doivent passer la nuit. Bingo ! Sur mes indications elles décident de partir seules dans cette direction, je me dis qu’elles vont enfin pouvoir profiter de leur périple. J’espère simplement ne pas leur avoir donné une mauvaise information ! Si j’avais pu je l’aurais pris ce chemin mais, avec la voiture sur le parking ça n’est pas vraiment possible.

 

Les météores

 

Les Météores

 

 

La plupart des monastères ferment leurs portes à 16:00 et j’en profite pour aller déjeuner et aller poser mes affaires à l’hôtel. Il est situé à Kastraki, derrière la partie touristique, à un km des Météores. Sur internet l’endroit promettait d’être paisible et hors de la ville principale j’espérais pouvoir partir à pied dans la nature.

 

Les Météores

Le village de Kastraki est situé aux pieds des Météores

 

Stupeur et mousqueton !

 

Je m’installe rapidement dans une jolie chambre propre et confortable qui possède un balcon et je ressors me promener à pied dans l’idée de profiter de cette belle fin de journée. Le chemin sur lequel je me balade se termine sur un hôtel et je remarque qu’en fait je suis au pied d’un rocher… le top ! ça me donne envie de grimper, marcher, crapahuter, je ne sais pas trop comment t’exprimer ça ! Il fît un temps où l’eau recouvrait cette pierre et la forme particulière est dû à l’érosion, la surface est polie, ça donne l’impression de pouvoir monter dessus sans problème, d’arriver au sommet et comme je suis très curieuse, de découvrir ce qui se cache derrière. C’est plutôt raide mais, la pierre accroche bien, pas de risque de glissade alors je termine essoufflée avec pour récompense une belle vue sur le village, les Météores et la nature.

Plutôt contente de moi j’ai envie d’aller encore plus loin à travers les arbres et les arbustes en fleurs. Je fais quelques centaines de mètres à travers une végétation luxuriante sans même croiser l’ombre d’un serpent 😉 Et puis je me perds un peu, et puis je me perds beaucoup. Le soleil baisse dans le ciel et je ne retrouve pas mon chemin. En fait je passe mon temps à me perdre, c’est tout moi ça ! Mais peu importe ça ne m’angoisse pas pour autant. Je pense avoir trouvé un chemin et un retour à la civilisation lorsque j’entends un bruit retentir, mais quelle stupéfaction quand je croise le regard étonné de deux grimpeurs accrochés à la parois et pendus à leur mousquetons ! Je leur ai fait un peu peur, ils ne s’attendaient pas voir quelqu’un sortir des arbres ! Au final je retrouve mon chemin et la route de l’hôtel quelques minutes après.

 

Les Météores

 

Arrivée au sommet je découvre le panorama

A ma gauche le départ d'un rocher, curieuse je décide de grimper dessus pour découvrir l'autre côté

 

Au loin... un autre monastère !

 

Malgré la fatigue qui commence à se faire ressentir, je remonte dans la voiture avec l’envie de prendre une route adjacente pour retourner aux monastères et voir le soleil se coucher. Idée judicieuse car, le paysage est magique avec les arbres et les bâtiments qui se découpent en ombres chinoises dans la lumière orangée. En redescendant, un panneau indique la présence d’un monastère réservé aux nonnes, je décide que ce sera ma visite du lendemain ! En attendant j’ai bien envie de prendre un freddo cappuccino à Kalambaka. Assise à la table du café je croise le regard heureux de mes deux marcheuses en bonne santé ! OUF ! Me voilà rassurée, a priori ça n’était pas une mauvaise idée elle n’ont pas l’air de m’en vouloir 😉

 

Les Météores

 

Les Météores

 

Les Météores

 

Les Météores

Le monastère de Roussanou

 

Les Météores

Kastraki

Les Météores

Kalambaka

Les Météores

Kalambaka

 

Le monastère de Roussanou et la beauté de sa chapelle

 

Debout de bonne heure, je suis en route pour le monastère de Roussanou habitée par des nonnes. C’est un petit bâtiment accessible par un escalier sinueux à l’ombre des arbres (son entrée est visible dans la vidéo sous l’article). Il est vraiment tout petit mais à mon sens, plutôt puissant ! Il n’y a quasiment personne alors cette fois-ci je n’hésite pas à visiter la chapelle et prise d’une vive émotion je commence à pleurer, comme ça, pour rien. C’est tellement beau ! Quel dommage de ne pas pouvoir prendre de photo à l’intérieur. La chapelle est entièrement peinte du sol au plafond, décorée simplement de quelques icônes et objets de culte. Je me sens toute petite et reste en émoi pendant des minutes qui me semblent être des heures, dans l’impossibilité de ressortir. J’aime tellement l’odeur de l’encens… je suis transportée. Il faut dire aussi que je suis une hypersensible exacerbée 😀 .

Au final je m’offre une petite pierre à l’effigie de Santa Barbara, la sainte du monastère (appelée aussi Sainte Barbe). Comme il y a une sorte de petit musée à son sujet, j’apprends qu’elle est née en 240 après JC à Heliopolis (à l’époque ville située en Syrie) et qu’elle est torturée par son père qui l’enferme dans une tour afin qu’elle renie le culte du Christ auquel elle avait décidé de se vouer. Bon elle est un peu torturée par pas mal de monde au final. Bref !  Je finis quand même par ressortir du monastère et je découvre un chemin qui traversent une forêt et qui aboutie sur un joli point de vue avec la montagne encore enneigée au loin.

 

Les Météores

 

Les Météores

 

 

Il est temps pour moi de quitter les Météores car je n’envisageais de ne passer qu’une nuit ! Mais sur la route du retour je change d’idée en passant devant un panneau qui indique la direction du lac de Plastiras. Intéressant ! Après un rapide coup d’oeil sur Google je me dis pourquoi ne pas rajouter quelques centaines de kilomètres pour aller voir ce lac artificiel situé à 750 mètres d’altitude histoire de profiter un peu de la montagne avant de retourner sur Athènes ? Je ne suis plus à ça près ! 😉

 

 

Ce que j’ai aimé

–> La beauté d’un paysage de printemps et la singularité des monts et des monastères.

Ce que j’ai moins aimé

–> La foule dans les monastères et le prix d’une nourriture plutôt « touristique » (je veux dire moins qualitative que dans beaucoup d’endroits en Grèce et plutôt chère !)

 

 

L’hôtel Kastraki 

Neuf, très propre avec une décoration élégante, une cheminée dans le salon de l’hôtel et le Wi-fi. Ma chambre était grande (un lit double / un lit simple) avec un balcon donnant sur le village. La salle de bain petite et rudimentaire mais, avec un sèche cheveux. Le petit déjeuner buffet proposait beaucoup de choix sucré et salé de bonne qualité (en revanche j’ai manqué de fruits :p ) A proximité de l’hôtel on trouve des tavernes, des souvlakis et des magasins de souvenirs (on vend beaucoup d’objets religieux dans le quartier). Le centre du village se trouve à 600 mètres environ.

–> chambre + petit déj. / buffet : 75€

 

Les Météores

Le salon de l’hôtel

Hôtel Kastraki

Salon adjacent à ma chambre

Hôtel Kastraki

Ma chambre avec balcon

 

59 secondes de promenade dans les Météores

 

 


A propos Elise

Je suis une amoureuse de la Grèce depuis une dizaine d'années. J'ai l'occasion d'aller plusieurs fois par an dans les Cyclades, Petites Cyclades et Saroniques et depuis un an je passe plus de temps sur Athènes que sur Lyon. Donc je pense que l'avenir de ce Travel blog est de de venir un Expat blog ;)

Commentaire

2 Commentaires sur "Montagne et Monastères"

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Carmen
Invité
Carmen

Super ce récit de voyage !
Ça donne envie de découvrir les Météores !

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